GKND (tome 5) : How I met your sysadmin

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Cinquième tome des aventures de notre héro des temps modernes, romantique et fan de technologies. De l’humour geek mais pas réservé aux initiés.

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Déjà, ceci n’est pas une histoire d’amour. Ceci n’est pas non plus une histoire de fesse(s). Si je vous ai réunis aujourd’hui les enfants, c’est pour vous raconter comment j’ai rencontré votre Sys-Admin.

Depuis plus de 3 ans qu’ils se tournent autour sur le blog geektionnerd.net… il était temps que l’on sache comment la Geekette et le Geek se sont mis ensemble ! Gee ne nous laisse pas sur notre faim et conclut cette série de BD libres (publiées dans la collection Framabook) dans un romantisme farouchement moderne et déjouant tous les clichés. L’humour, omniprésent, souligne les émotions et ancre l’histoire d’amour dans une fine observation de nos timidités, maladresses et autres adorables fautes d’égo… Il en devient dommage de devoir dire au revoir à ces personnages tant ils sont attachants ! Une BD libre à partager avec qui aime geeker, draguer et se marrer…

Le cinquième tome du GKND conclu cette série de bédés libres éditées par Framasoft

Titre : Geektionnerd (tome 5). How I met your sysadmin
Licence : Creative Commons By Sa
Prix : 12 EUR
ISBN : 979-10-92674-02-6
Première édition : Octobre 2013, Framasoft
Format : 210 x 270 mm
Nombre de pages : 50


photo Gee
En choisissant un tel titre pour le 5e tome des aventures du GeeKtionNerD, Gee (Simon Giraudot) annonce clairement la couleur de la comédie romantique. Un genre dont l’auteur à l’humour iconoclaste se joue dès les premières cases, annonçant via ses personnages : « Bon, déjà, ceci n’est pas une histoire d’amour. J’aime mieux vous prévenir de suite. Si c’est ce que vous attendiez, circulez y’a rien à voir. »

Première surprise, ce n’est pas le Geek, mais la Geekette qui est aux commandes de la narration. Et ce n’est que le premier des codes que Gee va bousculer, jouant de manière taquine avec nos présupposés et les lois de la narration. Réinventer la rencontre amoureuse au pays des féru(e)s d’informatique, il fallait l’oser… Gee relève le défi avec la malice et l’humour qu’on lui connait.

Interview de l’auteur

(Réalisée par Pouhiou)

Alors débarrassons-nous de LA question à laquelle tu n’échapperas pas  : à quel point cette histoire est-elle autobiographique  ? Non parce que, ça sent le vécu, quand même  ?

Comme dans les autres bouquins, je puise pas mal d’inspiration dans ma propre vie, mais il y a aussi une grande part de fiction. La nuit blanche pour finir un projet qui a traîné pendant des semaines, j’ai pratiqué, la procastination devant des séries stupides aussi. Et pour la fameuse « friend zone », c’est du 100 % vécu. Hé oui… Mais on est beaucoup à être passés par là, non  ? Sauf que ça finit rarement comme dans cette histoire  !

Par contre, et c’est pourtant l’élément principal de l’histoire, je n’ai jamais fréquenté de geekette. Mais après tout, c’est parfois plus enrichissant d’être avec quelqu’un qui ne vient pas du même monde. Et puis ça fait une personne de plus à rallier à la cause des barbus/libristes 🙂

Pour ce dernier volume, tu as décidé de bousculer les codes, en confiant par exemple la narration à la Geekette… pourquoi ces choix  ?

J’ai eu très tôt l’idée de faire cette histoire avec ce titre et cette couverture (oui, quand même). Après, au moment de me pencher sérieusement sur le scénario, j’avais plusieurs angles d’approche  :

  • L’écrire comme un tome de conclusion, donc y aller à fond et faire une fin digne de ce nom à la série  ;
  • L’écrire avec un narrateur dans le futur, à la manière de How I met your mother justement  ;
  • Reprendre l’histoire des 4 premiers tomes mais du point de vue de la Geekette.

Finalement, n’arrivant pas à me décider sur un angle, j’ai décidé de mélanger les trois  ! C’est donc un tome de conclusion raconté depuis le futur par la Geekette. Il reprend les éléments des 4 premiers tomes (même s’il ne se limite pas à ça, contrairement à mon intention originale, puisqu’il offre aussi la suite et fin de l’histoire).

Avoir la Geekette comme narratrice, ça permet de revivre les anciennes aventures de son point de vue. C’est un personnage un peu compliqué, ses actions et ses pensées sont parfois diamétralement opposées  : je trouvais cela amusant de revoir ses actions passées à la lumière de ce qu’elle pense véritablement.

Cela veut-il dire que tes personnages (d’ordinaire chastes et polis) vont se mettre à jurer  ? Aura-t-on droit à une scène de sexe  ?

Non, ça reste tout public  ! Ça n’a jamais été officiel, mais je limite toujours les mots grossiers dans mes bandes dessinées. Ils sont soit remplacés par des symboles abscons du genre #£&*# ! (un grand classique), soit gribouillés pour qu’on ne puisse pas les lire directement mais les deviner. Ce tome ne déroge pas à la règle.

Pour la scène de sexe, je pense que la couverture offre une partie de la réponse… Mais de même, ça reste suggéré. Je n’ai pas été jusqu’à la jouer façon « série puritaine américaine » où les femmes font l’amour en gardant leur soutif (mouarf), mais il n’y aucune image interdite aux mineurs dans le livre 😉

On est loin du vieux clicheton où le super héros moustachu sauve la princesse cruche en rose… Dirais-tu qu’il s’agit d’une BD féministe  ?

J’ai essayé de rester loin des clichés, que ce soit le geek asocial qui ne connait que des filles en .JPG ou le héros à 2 balles qui finit par avoir la fille en « prouvant sa valeur » et en « montrant qu’il en a » : ce sont juste deux jeunes adultes encore un peu ados dans leurs têtes qui ne savent pas trop comment s’y prendre.

Une BD féministe  ? Je ne sais pas, elle n’est pas militante en tout cas. Dans mon cas, le féminisme n’est pas une cause, ça fait juste parti des principes selon lesquels je vis, au même titre qu’être contre le racisme ou pour la paix dans le monde (et pour les bisounours et les poneys, oui je sais). Ça ne veut pas dire que la BD est antiraciste ou pacifiste, mais puisque l’auteur l’est, ça peut en être imprégné. Après, écrire d’un point de vue féminin, c’est une expérience intéressante : tu te poses des questions comme « comment je réagirais dans cette situation si j’étais une fille  ? ». Au final, je ne sais pas si mon texte sonne juste, mais j’ai essayé de rester loin de la caricature sans en rajouter dans l’autre sens.

C’est le dernier tome de GKND… Cela veut-il dire qu’on ne reverra plus jamais ces personnages  ?

Non, bien sûr. Les personnages reviennent de toute façon régulièrement dans les articles quotidiens du Geektionnerd. La fin de cette saga, c’est surtout la fin d’une forme (une BD à trois images par page et beaucoup de texte) dans laquelle je commençais à me sentir un peu à l’étroit. Je ne m’interdis pas du tout de raconter d’autres histoires sur ces personnages, sous une forme ou une autre. J’ai quelques idées, mais rien de concret pour le moment.

Après, je rappelle que ces œuvres sont libres, ce qui signifie que n’importe qui peut s’emparer de l’histoire et la continuer à sa guise. Avec plus de 1500 articles et 5 livres, la base de dessins du Geektionnerd commence à être fournie. Alors vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Et tu as des projets pour la suite  ?

Des tonnes, je croule sous les projets (le tout étant de venir à bout de quelques-uns, pas toujours simple quand on veut garder une vie sociale et une vie professionnelle). Le Geektionnerd reste toujours actif. J’ai aussi Superflu, ma « jolie-BD-pas-geek », qui me prend du temps mais progresse tranquillement (11 épisodes au moment où j’écris ces lignes) : ça, c’est vraiment un projet qui me tient à cœur… Il y a les projets avec Framasoft, qui sollicitent parfois mes compétences de dessinateur. Enfin, il est aussi possible que je réalise prochainement (comprendre : je ne sais pas quand) une BD dont je ne serai pas scénariste (uniquement dessinateur), mais c’est encore un projet top secret 😉

Enfin, en vrac : des histoires écrites (nouvelles voire romans), des bandes dessinées « one shot » (histoire unique hors-série), de la musique… Mais je m’arrête là car je diverge (et dix verges, c’est énorme, comme disait Pierre…).